Les façades des maisons de rangée de la vallée ont souvent plus de cent ans. Elles ont connu la poussière des usines et des charbonnages, puis plusieurs générations de nettoyages, parfois trop agressifs.
Le joint est la partie la plus fragile du mur. C'est lui qui doit s'user en premier et être refait, pour que la brique, elle, dure.
Comment savoir si la façade doit être rejointoyée ?
Passez la main ou une clé sur les joints : s'ils s'effritent, se creusent de plus d'un centimètre ou manquent par endroits, l'eau entre dans la maçonnerie. Les taches d'humidité à l'intérieur, au droit d'un mur exposé à la pluie, confirment le diagnostic.
Le rejointoiement consiste à dégarnir les anciens joints sur 1,5 à 2 cm, à nettoyer, puis à reposer un mortier adapté. Sur une brique ancienne, un mortier trop dur et trop riche en ciment fait éclater les briques : un mortier à la chaux est souvent préférable.
Rejointoiement ou crépi : que choisir ?
Si les briques sont saines, le rejointoiement garde l'aspect d'origine et protège le mur pour plusieurs décennies. C'est la solution logique pour une façade avant, alignée sur celles des voisins.
Le crépi se justifie quand les briques sont abîmées, dépareillées par d'anciennes réparations ou trop poreuses. Sur une façade arrière ou un pignon nu, un crépi posé sur un isolant améliore aussi le confort de la maison.
Le crépi sur isolant, pour qui ?
Le pignon d'une maison de bout de rangée ou la façade arrière exposée aux vents d'ouest perdent beaucoup de chaleur. Un isolant de 12 à 16 cm collé et chevillé, puis recouvert d'un enduit armé, change la température des pièces concernées.
Sur la façade avant, l'épaisseur ajoutée pose souvent problème : elle déborde sur le trottoir, modifie l'alignement de la rue et nécessite l'accord de la commune. La question se pose rarement de la même façon côté jardin.
Faut-il une autorisation pour changer l'aspect d'une façade ?
Rejointoyer ou nettoyer une façade sans en changer l'aspect ne demande en principe aucun permis. Crépir une façade en brique visible depuis la rue, changer sa couleur ou l'isoler par l'extérieur peut en revanche nécessiter un permis d'urbanisme en Wallonie.
Interrogez le service urbanisme de votre commune avant de signer. Dans certaines rues de Visé ou des villages de la Basse-Meuse, les règles d'aspect sont plus strictes.
Les erreurs qui abîment une façade
- Le sablage agressif : il retire la peau cuite de la brique, qui devient poreuse et se dégrade plus vite.
- Le mortier trop dur : il ne laisse plus le mur respirer, l'eau sort par la brique, qui éclate au gel.
- L'hydrofuge sur un mur humide : il enferme l'humidité au lieu de protéger. Le mur doit être sain et sec avant traitement.
- Le crépi sur des remontées capillaires : l'humidité monte derrière l'enduit et le fait cloquer. Il faut traiter la cause d'abord.
Dans quels cas ces travaux ne règlent-ils pas le problème ?
Une tache d'humidité au bas d'un mur, sur moins d'un mètre de hauteur, signale souvent une remontée capillaire, pas un défaut de joints. Rejointoyer n'y changera rien : c'est un traitement de l'humidité qu'il faut prévoir.
Une tache sous la corniche ou autour d'une fenêtre de l'étage, après de fortes pluies, vient souvent de la toiture ou de la zinguerie. Notre guide sur les infiltrations aide à trouver l'origine.